Notre démarche
Une architecture pensée pour son site, son climat et ses habitants
Au Maroc, le bâtiment représente une part importante de la consommation énergétique nationale, dans un pays qui reste fortement dépendant des importations d'énergie. Pourtant, les modes de construction se sont progressivement uniformisés. Le béton, le parpaing et la climatisation se sont imposés aussi bien sur le littoral que dans les montagnes, dans les régions désertiques comme dans les zones tempérées, souvent sans véritable considération pour les particularités du climat et du territoire. Cette standardisation produit des bâtiments de plus en plus dépendants des équipements mécaniques pour assurer leur confort, avec des consommations énergétiques et une empreinte environnementale importantes.
Face à ce constat, nous défendons une autre manière de concevoir et de construire : une architecture durable et résiliente, qui s'adapte à son environnement plutôt que de chercher à le combattre. Il s'agit avant tout de retrouver un certain bon sens constructif. Pendant des siècles, les bâtisseurs ont su composer avec le climat, les ressources disponibles et les contraintes du territoire. Sans chercher à reproduire systématiquement les formes du passé, nous pensons que cette intelligence constructive conserve aujourd'hui toute sa pertinence, à condition de l'enrichir des connaissances scientifiques et des techniques contemporaines.
L'architecture bioclimatique constitue le fondement de cette démarche. Elle commence par une lecture attentive du lieu : le soleil, les vents, le relief, les matériaux à portée de main et les modes de vie de ses habitants. L'implantation, l'orientation, la forme du bâtiment, l'ombre et la ventilation naturelle deviennent les premiers outils de conception. Avant de chercher à produire de l'énergie pour chauffer ou refroidir un bâtiment, il s'agit d'abord de réduire ses besoins, en tirant parti des ressources que le climat nous offre naturellement.
Dans cette approche, les matériaux locaux, notamment la terre et la pierre, occupent une place essentielle. Disponibles à proximité, souvent peu transformés, ils permettent de limiter les transports et l'énergie nécessaire à leur production. Leur inertie thermique, associée à une conception adaptée, contribue à atténuer les variations de température et à améliorer le confort intérieur. Mais leur intérêt dépasse largement leurs performances environnementales. Construire avec les ressources du territoire, c'est aussi valoriser des savoir-faire transmis depuis des générations, faire travailler les artisans locaux et maintenir sur place une part importante de la richesse produite par le chantier.
Notre ambition n'est donc pas de revenir à l'architecture d'hier, mais de retrouver les principes qui en faisaient la pertinence pour concevoir, avec les moyens d'aujourd'hui, une architecture contemporaine, sobre et profondément ancrée dans son environnement.
Mur en pisé
La matière du lieu
Terre, pierre, bois : des matériaux pris sur place, sains et réutilisables, qui font vivre les savoir-faire des artisans.
Façade sud
Le climat d'abord
Orientation, ombre, ventilation naturelle : le bâtiment travaille avec le soleil et le vent, pas contre eux.
Isolation liège
Le confort au naturel
Inertie des murs, régulation de l'humidité, calme acoustique : des matériaux qui assurent un confort sain, sans dépendre des machines.
Eau de pluie
Les besoins d'aujourd'hui
Lumière, confort, résistance aux séismes, économie d'eau et d'énergie : des matériaux locaux au service du confort d'aujourd'hui.
Formé en Haute Qualité Environnementale (HQE) en 2025 et docteur en écologie (Université Mohammed V, 2021), Ali Irizi relie l'architecture à la connaissance du vivant.